Editions de Corlevour Réginald GAILLARD 97, rue Henri Barbusse 92110 CLICHY reginaldgaillard@aol.com

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 mercredi 19 juin 2013 
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Événements

8e Présences à Frontenay. Les 3 & 4 août 2013.
Programme Thème 2013 : BLEU au château de Frontenay (39210) Exposition / Table ronde d’éditeur / Récital poésie et piano / Concert Exposition (entrée libre) Bleu (...)
 8e Présences à Frontenay. Les 3 & 4 août 2013.
 
Marché de la poésie 2013, place saint Sulpice : du 06 au 09 juin.
Les Éditions de Corlevour et la revue Nunc vous accueilleront du 6 au 9 juin place saint Sulpice pour le Marché de la Poésie. A cette occasion seront présentées les (...)
 Marché de la poésie 2013, place saint Sulpice : du 06 au 09 juin.
 
« Martin Heidegger : Phénoménologie de la vie religieuse »
« Y. Meessen : L’être et le bien. Relecture phénoménologique »
« Au sujet de Henri Maldiney »
« Vincent Holzer, Hans Urs von Balthasar »
« François Fédier, L’humanisme en question. Pour aborder la lecture de la Lettre sur l’humanisme de Martin Heidegger, Cerf, 2012 »
« Philippe Dockwiller, {Le temps du Christ} (Paris, Cerf, collection « Cogitatio Fidei », 2011) »
« Paul Audi, Créer. Introduction à l’esth/éthique (Verdier, 2010, 858 p.) et L’empire de la compassion (Encre marine, 2011, 148 p.) »
« Alain Bonfand : Le cinéma d’Akira Kurosawa (Vrin, 2011). »
« Jean-Yves Lacoste, Etre en danger (Cerf, 2011).  »
« Jean-Louis Chrétien : Conscience et roman, II. La conscience à mi-voix (Editions de Minuit, 2011). »
« Maurice Blanchot : La condition critique. Articles 1945-1998 (Paris, Gallimard, 2010) »
« Emmanuel Housset, Husserl et l’idée de Dieu (Cerf, 2010) »
« Jean-Louis CHRÉTIEN, Reconnaissances philosophiques (Cerf, 2010) »
« Marlène Zarader, "La patience de Némésis", Editions de la transparence, 2009. »
« Alain Bonfand, Histoire de l’art et phénoménologie. Recueil de textes 1984-2008, Vrin, 2009. »
« Jean-Louis Chrétien : Pour reprendre et perdre haleine. Dix brèves méditations (Bayard, 2009). »
« Jean-Louis Chrétien : Conscience et roman I. La conscience au grand jour (Paris, Minuit, 2009). »
« Jean-Louis Chrétien : Sous le regard de la Bible (Bayard, 2008). »
« Rémi Brague : Du Dieu des chrétiens – et d’un ou deux autres  »
« Le poids de la joie »
dans Nunc n°18 "Dossier M. Vieuchange / Déserts"
« Liminaire. Jérôme de Gramont. »
« TEXTE EN LIGNE : "Nommer la voix" »
« Réflexion sur le don et le nom »
dans Revue Nunc n°16 - Dossier Jean-Luc Marion
« Quelques questions à Jean-Luc Marion (entretien) »
dans Revue Nunc n°16 - Dossier Jean-Luc Marion
« Introduction au dossier J-L Marion »
dans Revue Nunc n°16 - Dossier Jean-Luc Marion
« Jean-Louis Chrétien, Répondre.  »
« Maurice Blanchot, Chroniques littéraires. »
« Jean-Louis Chrétien, La joie spacieuse. Essai sur la dilatation (Paris, Editions de Minuit, 2007) »
« Jean-Louis Chrétien. La joie spacieuse. (ed. de Minuit, 2007) »
dans Revue Nunc n°13
« Apologie de Leporello - du souci à l’inquiétude »
dans Revue Nunc n°13
« Nommer la voix »
dans Revue Nunc n°8
« Introduction »
dans Revue Nunc n°8
« J-L Chrétien, la parole comme don »
dans Revue Nunc n°8
« A présent, voir. »
dans Revue Nunc n°10
« Mort et Résurrection selon Emmanuel Falque »


« Jean-Louis Chrétien : Sous le regard de la Bible (Bayard, 2008). »

Jérôme de GRAMONT

Nous n’en finissons pas d’écrire pour déplier ce livre qui explique nos vies. D’écrire, de lire qui est une manière d’autrement écrire, de méditer qui veut dire revenir au plus intime de nous-même en nous exposant à la lumière de cette autre parole recueillie dans le livre. Ouvre : lis : écoute et regarde : apprends d’un livre ce qu’il te faut maintenant réapprendre au fil de cette histoire qui est la tienne : regarde-toi au miroir de ce que tu lis (chap. 3, à propos de Kierkegaard). Tua res agitur. C’est de toi qu’il s’agit (p. 43, 52), cette parole te regarde (p. 7). Peut-être est-ce vrai de tout grand livre. Peut-être est-ce vrai de tout livre au fond, dans son tropisme vers la vérité. Cela est vrai sûrement du premier d’entre eux. (Combien de phrases pouvons-nous écrire sans qu’elles commencent par le battement d’ailes d’un « peut-être » ?) « C’est pour toi aussi que Dieu parle en cet écrit, il t’est adressé et il porte sur la question de vie ou de mort, celle de ton salut » (p. 28). Dans son dernier récit, inspiré de la vie d’Emily Dickinson – de ses poèmes aussi, ou de sa vie qui déjà est poème – Christian Bobin écrit ceci, les mêmes phrases en quelque façon : « La Bible colporte des nouvelles bien plus essentielles que celles du journal, puisqu’il s’agit des nouvelles de celui qui la lit : l’âme du lecteur, sortant d’elle-même par le mouvement de la méditation, marche à travers les champs de blé de l’invisible et découvre dans les faits divers célestes sa gloire à venir » (La dame blanche, Gallimard, 2007, p. 100). Lectures savantes et lectures poétiques se rejoignent quand elles tâchent de « répondre » au même livre à nous « adressé » (p. 13, et tout le chap. 1). La lecture de Jean-Louis Chrétien est savante, mais nul ne la taxera de science morte. Quand l’intelligence d’un livre ou d’un verset se fait plurielle, la science montre autant d’imagination que le poème. (Songeons ici à un précédent ouvrage, L’intelligence du feu, Bayard, 2003, déployant toutes les ressources de l’exégèse et de l’érudition au service d’un seul verset de la Bible.) Lecture savante donc, que celle des huit études ici réunies, mais parce qu’elle s’emploie à tirer toute son intelligence du livre qu’elle déchiffre (voir chap. 4), de sorte que celui qui enseigne est d’abord celui qui est enseigné (chap. 5, à propos d’Augustin), celui qui lit se découvre lui-même comme celui qui est lu, ou celui qui regarde celui qui est vu. Cette inversion de l’intentionnalité (où « dire » se change en « écouter » et « se laisser dire », p. 8) est peut-être l’une ces grandes leçons de la philosophie de notre temps – elle est surtout ce que nous apprenons ici, dans la rencontre du livre et précisément de ce livre, pourvu seulement que nous sachions penser le titre de l’ouvrage (Sous le regard de la Bible) ou de son chapitre 2 (« Se laisser lire avec autorité par les Saintes écritures »). Il est des rencontres avec le livre qui sont semblables au combat de Jacob et de l’ange1 : nous y désapprendrons bien des certitudes, nous y apprendrons bien plus que nous ne le soupçonnions – nous en sortirons blessés et bénis. Nous y apprendrons – peut-être, au moins espérons-le – à vivre selon l’espérance (à vivre dans la promesse de l’avenir plutôt que dans la cassure du présent, p. 99 et tout le chap.7), ou à déchiffrer les signes d’une joie dans laquelle nous sommes appelés à entrer (voir le chap. 6, sur les « Figures bibliques de la joie », d’abord publié dans le n°8 de Nunc), ou à reconnaître le témoin par excellence, le Christ, celui dont nous avons à devenir nous-mêmes en retour des témoins, imparfaits et pourtant nécessaires, parce qu’attendus (chap. 8).

La Bible est comme une lettre qui nous est adressée, mais elle est aussi comme en attente que nous la lisions. (Il est heureux que nous ayons des livres – et de bons livres – pour nous le rappeler.) Jérôme de Gramont

Jérôme de GRAMONT